Modifications relatives à l’affiliation chez l’ABC en vue

  • 01 août 2012
  • Lee Akazaki et Steve Pengelly

En 2008, l'ABO a commencé à remarquer une certaine instabilité chez ses adhérents, particulièrement en ce qui concerne les cabinets plus importants. Cela est devenu encore plus apparent lorsque la récession a frappé en 2009, l'incidence se faisant sentir sur une beaucoup plus grande partie de la profession.

L'ABC a mis en place le Groupe de travail sur l'examen des frais d'adhésion pour qu'il se penche sur la question et mette au point des recommandations appropriées.

JUSTE s'est entretenu avec les représentants du Groupe de travail de l'Ontario, à savoir Lee Akazaki, ancien président, Steve Pengelly, directeur administratif ainsi que Lynn Elliott, directrice des services aux membres de l'ABO pour traiter de l'initiative et de la manière dont le groupe de travail a élaboré les recommandations récemment approuvées par le comité des membres de l'ABC et son conseil d'administration.

Pourquoi l'ABC a-t-elle créé le groupe de travail?

Lynn: Tout était axé sur l'engagement, la rétention des membres et l'augmentation de leur nombre. Depuis 2008, nous avons vu plus de 500 membres, appartenant tous à d'importants cabinets, quitter l'association. Nous avons également été témoins, en ce qui concerne le nombre d'effectifs, d'un phénomène d'érosion tant chez les juristes autonomes et les petits cabinets que chez les nouveaux avocats. La structure actuelle des frais, basée sur l'année d'admission au Barreau et sur une hausse graduelle pendant les cinq premières années de pratique, a perdu de sa signification chez les membres; son importance a été classée à l'avant-dernier rang par les membres dans le cadre d'un sondage entrepris par l'ABC en 2011.

L'ABC a étudié la question des frais d'adhésion pour la dernière fois en 1994. Il était grand temps de prendre le taureau par les cornes.

Comment les modifications proposées affecteront-elles nos membres?

Lee: Il existe trois composantes à la question. Une s'applique spécifiquement aux cabinets et aux groupes qui comptent plus de 50 avocats; une autre s'applique aux cabinets dont l'avocat exerce le droit seul et la dernière s'applique aux membres dans des circonstances spéciales. Les groupes comptant 50 membres et plus, surtout ces cabinets appartenant à la catégorie « universelle » qui ont émis chaque année des chèques dont le montant était très élevé, ont commencé à remettre en question la valeur des avantages conférés par l'affiliation.

Ce poste budgétaire appréciable a été remarqué par les directeurs financiers des cabinets d'avocats. Un grand nombre de cabinets ne reconnaissent pas à quel point l'ABC défend leurs intérêts, et il ne leur est pas venu à l'idée que lorsque l'ABC affirme parler au nom de la profession juridique, le nombre est important. Si vous faites la promotion des droits d'un petit nombre de personnes, votre influence s'en trouve réduite, voire menacée. Cela s'applique également à la valeur fondamentale du rôle que joue l'ABC dans la démocratie canadienne et dans la communauté mondiale des juristes et il nous faut la protéger. 

Bien entendu, au pire de la récession, les escomptes consentis sur le volume alimentaient les conversations.  Mais nous sommes rapidement revenus aux méthodes relatives à la vente d'avantages tangibles et d'occasions favorisant la participation, directement liée à la structure des frais. Le groupe de travail a angoissé au sujet des nombreuses options et s'est orienté en gardant le contrôle sur les rapports de sondages sur les membres. Nous avons cherché à créer une structure de frais qui rendrait l'adhésion à l'ABC plus avantageuse et permettrait de mieux nous faire entendre.

Qu'en est-il des membres à titre individuel?

Steve: Au cours de la phase de recherche, nos membres nous ont dit qu'ils voulaient également avoir plus d'avantages en retour de leurs frais d'adhésion ainsi qu'un choix élargi d'options.  La recherche a démontré clairement que les membres engagés, ceux qui participent au PP et aux activités des sections, avaient tendance à demeurer affiliés tout au long de leur carrière. 

L'ABC s'est inspirée des conseils dispensés par le secteur privé et par des experts en marketing dûment embauchés. Nous nous sommes rapidement aperçu que plusieurs paliers d'affiliation, chaque palier bénéficiant d'une valeur ajoutée différente de celle de la base, offriraient plusieurs choix aux membres. Le choix mise sur deux forces inégalées de l'ABC et dont les associations d'avocats bénéficient sur le marché, soit la taille et la diversité.  Cette approche a permis de réaliser deux des objectifs que nous nous étions fixés au départ, soit une valeur plus importante pour nos membres et des membres plus engagés.

La recherche a démontré que les deux plus importants générateurs de valeur en ce qui a trait à la décision en matière d'affiliation sont le perfectionnement professionnel et la défense des intérêts, le troisième générateur de valeur portant sur la distinction entre l'établissement du prix pour le membre et le non-membre. La nouvelle approche en ce qui concerne la structure des frais pour les membres à titre individuel reflète clairement ces conclusions.

Qu'en est-il des nouveaux avocats et des avocats qui pratiquent le droit hors du contexte habituel?

Lee: Les nouveaux avocats en tout début de carrière nous ont affirmé qu’ils trouvaient logique dans la conjoncture actuelle d'augmenter progressivement les frais jusqu'au plein montant. Traditionnellement, nous avons vu les membres quitter l'association en plus grande proportion au cours de ces premières années de pratique et il a été difficile de les ramener, une fois ceux-ci partis. La nouvelle structure reconnaît cet état de fait et continue d'adopter l'approche de l'augmentation progressive, bien qu'elle soit quelque peu différente par rapport au modèle existant.

De plus, les avocats qui pratiquent le droit à temps partiel et ceux qui ne pratiquent pas nous ont affirmé qu'ils veulent rester liés à l'association et au courant de ses activités, mais que le plein montant de l'adhésion ne leur convient pas car ils n'ont que très peu besoin des services habituellement liés à l'affiliation régulière. La nouvelle structure permet d'accommoder ces membres potentiels.

Lorsque nous présentons des activités à la faculté de droit telles que « La vie après la faculté de droit », nous sommes bien sensibilisés au fait que l'Association fait concurrence aux Barreaux pour ce qui est de la notion « d'appartenance ». Nous expliquons aux étudiants que les Barreaux mettent en œuvre les choses qu'ils doivent respecter tandis que nous mettons en œuvre les choses pour qu'ils en profitent. C'est le moment où nous gagnons de nombreux étudiants en droit à la cause de l'ABC. 

En tant que représentant de l'ABO qui participe au groupe de travail, j'encourage les autres sections provinciales à suivre notre exemple et à offrir l'adhésion gratuite aux étudiants en droit au lieu de leur exiger des frais minimes.  En ce qui concerne la nouvelle structure des frais, notre section s'est réservée la possibilité de faire cette offre à notre groupe d'adhérents prospectifs le plus important.

Donnez-nous un aperçu de certains éléments qui ont été pris en considération par le groupe de travail et ce qui en a résulté.

Steve : Le groupe de travail a mené une recherche approfondie sur les membres à l'aide de trois sondages distincts.  Après avoir analysé les données de la recherche, nous avons consacré la plus grande partie de notre temps et de notre énergie à mettre l'accent sur l'élaboration de modèles qui amélioreraient la valeur de l'affiliation et favoriseraient un engagement plus important. De façon notoire, nous avons consacré moins de temps à nous pencher sur les résultats financiers. 

Notre analyse experte des données et notre recherche nous ont fait mieux comprendre, et ce, de manière spectaculaire, ce que nos membres apprécient et comment nous pouvons arriver à faire figurer cette constatation au premier plan dans un nouveau modèle de frais. 

Qu'arrivera-t-il aux gros cabinets, l'érosion la plus importante parmi les membres s'étant produite dans ce segment?

Lee: Nous avons discuté des nombreuses options possibles. Les cabinets importants apprécient énormément l'ABC. Cela ne fait aucun doute. Toutefois, l'ABC doit se livrer à la concurrence pour gagner l'attention. À l'instar de tout bien public ou mis sur le marché, notre association se fie sur les ensembles de payeurs pour que les circonstances se mettent en place, non seulement en Ontario et dans les grandes villes, mais aussi aux quatre coins de notre vaste pays. Donc, lorsque les gros cabinets se sont exprimés, nous les avons écoutés. Mais à la lumière des propos recueillis, nous avons compris que ce n'était pas une question d'argent mais de sensibilisation vis-à-vis de l'ABC, qui varie d'un avocat à l'autre.

Ces importants cabinets qui abandonnaient l'adhésion universelle acquittaient toujours leur cotisation, mais ils se fiaient désormais à l'adhésion individuelle des avocats. En réponse à ces tendances et à ces préoccupations, nous ne pouvions nous contenter d'offrir des incitatifs; il nous incombait de faire une proposition à nos membres en retour de la participation renouvelée du cabinet. En cas de maintien ou d'augmentation de l'affiliation à 95 %, ces cabinets se verraient accorder un escompte de volume substantiel.  Si le cabinet optait pour laisser le choix de l'adhésion aux particuliers et le pourcentage s'établissait à moins de 95 %, le cabinet aurait le choix de payer une redevance pour la défense des intérêts en fonction du nombre d'avocats qui ne sont pas membres de l'ABC.

Pratiquement tous les groupes ou cabinets comptant plus de 50 avocats ont fait savoir qu'ils apprécient que l'ABC et ses sections défendent leurs intérêts et qu'ils désirent contribuer au financement de leurs coûts. Le groupe de travail a débattu les diverses options de prélèvement avec un certain nombre d'associés directeurs.

Quand et comment les membres pourront-ils voir cette nouvelle structure de frais?

Steve: Les révisions apportées à la structure des frais, proposées par le groupe de travail ont été approuvées, tant par le comité d'affiliation nationale que par le conseil d'administration de l'ABC. La proposition doit maintenant être présentée au Conseil national de l'ABC lors de sa tenue à Vancouver en août. Si le Conseil approuve les modifications recommandées, la facturation collective ainsi que la question des circonstances spéciales seront mises en œuvre en septembre de cette année.

Étant donné que l'analyse financière n'a pas été réalisée par chaque section à l'heure actuelle, nous nous attendons à ce que l'élément du modèle lié au membre à titre individuel (options relatives aux paliers) soit progressivement mis en œuvre au cours de la prochaine année, au fur et à mesure que chaque section terminera son analyse et tiendra compte des disparités régionales.

Lee: Les membres doivent chercher de plus amples informations au sujet de la nouvelle structure, diffusées par le bureau national et les sections de l'ABC, une fois que le Conseil national de l'ABC a approuvé les modifications recommandées.

Nous vous remercions pour cette mise à jour et au nom des membres, merci pour le travail accompli au cours des dix-neuf derniers mois.


Mise à jour

La nouvelle structure des frais a été approuvée par le Conseil de l’ABC le 11 août 2012.

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